C'est comme chaque jour. Comme chaque fois que je pose mon pied nu, sur le carrelage glacé, en sortant de mon lit. C'est l'évidence. Chaque matin, le sol trop froid me surprend, mais j'oublie. J'oublie que c'est glacial, mort.
Avec toi, c'est la même chose, G. On se voit, on s'embrasse, on dort dans les bras l'un de l'autre, on se serre fort l'un contre l'autre, on se caresse, on se sourit, puis on s'en va, chacun de notre côté. C'est l'évidence. Je ne dois pas m'attacher, je le sais pourtant, mais chaque fois je ne peux m'y résoudre. Puis je vois que ce nous ne mène nulle part, alors je décide d'arrêter, mais j'oublie. J'oublie à quel point j'ai eu mal, et quelques mois après, ça recommence. On se revoit, et on s'embrasse, on dort dans les bras l'un de l'autre, on se serre fort l'un contre l'autre, on se caresse, on se sourit, puis on s'en va, chacun de notre côté.
Peux-tu sentir, G. à quel point je suis bien quand je suis dans tes bras? A quel point, je te trouve beau, quand mes yeux se tournent vers toi ?
Quand je t'ai vu la première fois, je l'ai su. Que c'était toi, avec tes toutes petites bouclettes et ton regard mystérieux. toi, avec ce petit espace entre tes dents de devant, qui te va si bien. Toi, avec ces mains si douce et si habiles.
Tu ne parles pas beaucoup, G. Mais ce silence, quand on est deux, me fait du bien. On se regarde simplement dans les yeux, et ça suffit pour se dire qu'on a envie l'un de l'autre. Oui, on se voit, on s'embrasse, on dort dans les bras l'un de l'autre, on se serre fort l'un contre l'autre, on se caresse, on se sourit, puis on s'en va, chacun de notre côté. Il en est ainsi, et puis tu vois, même si ça fait mal, même si ça surprend. Même si ce carrelage est trop froid, e veux recommencer. Parce qu'au final, j'oublie vite que tu n'es pas là.